Baisse des naissances en Belgique : un signal d’alarme pour l’avenir du pays

Depuis 2019, le taux de natalité en Belgique ne cesse de chuter. Selon les chiffres de Statbel, 108 150 bébés sont nés en 2024, contre 117 914 en 2019.
En trois ans, cela représente près de 10 000 naissances en moins. Un chiffre qui fait froid dans le dos : la Belgique n’avait plus connu un niveau aussi bas depuis 1942.

Cette baisse ne représente pas qu’un simple accident démographique : il s’agit d’une tendance bien ancrée. Après un rebond en 2021, probablement lié à la période post-Covid, la courbe est repartie vers le bas et ne tend pas à remonter.

En Wallonie, la baisse atteint près de 5 % sur un an, contre 1,5 % en Flandre. Elle se montre plus douce, mais tout aussi réelle. Entre 2019 et 2024, la Belgique a perdu environ 8 % de ses naissances.

En parallèle, l’âge moyen des mères continue d’augmenter et passe à 31,3 ans pour une première naissance. Cela peut paraître anodin, mais ce décalage pèse sur la natalité globale : plus les femmes ont leur premier enfant tard, moins elles en auront.

Pourquoi les Belges font-ils moins d’enfants ?

Les raisons sont diverses, mais une chose est sûre : avoir un enfant n’est plus une évidence. Entre le coût de la vie, la précarité du logement et une certaine inquiétude pour l’avenir, beaucoup de jeunes repoussent ou renoncent à fonder une famille.

D’autres choisissent simplement un autre mode de vie axé sur la carrière, les voyages ou la liberté personnelle. La parentalité est finalement devenue un choix, voire même un luxe.

Selon une étude relayée par The Brussels Times, la situation économique influence directement le taux de fécondité : plus les Belges doutent de leur avenir financier, moins ils font d’enfants.

 

Des conséquences bien réelles 

Moins de bébés aujourd’hui, c’est moins d’adultes demain. Et dans un pays où les baby-boomers partent à la retraite, l’équilibre tend à devenir fragile. Le risque, c’est un système de pension sous tension et une main-d’œuvre en déclin dans les décennies à venir.

Selon le rapport du Comité d’étude sur le vieillissement, les dépenses sociales liées au vieillissement pourraient passer de 25,8 % du PIB en 2023 à près de 30 % d’ici 2070, notamment à cause des coûts des pensions et des soins de santé.

 

Et maintenant ?  

Bien plus qu’une simple crise de natalité, la Belgique vit sans doute une évolution de société. Moins de naissances, c’est aussi une autre façon de penser la famille, le travail et l’équilibre de vie en général.

Le vrai défi sera d’adapter le pays à cette nouvelle réalité : des politiques familiales plus fortes, un meilleur accès au logement et un environnement qui donne envie de devenir parent.

Parce que le problème n’est pas qu’on fait moins d’enfants… C’est qu’on a davantage de raisons de ne pas en faire.